Compte-rendu de séance du séminaire du collectif ApprEs « Espaces d’apprentissages » du mercredi 27 mars 2024 de 14h à 16h sur le site Inspé de Gennevilliers

Animation : Guilhem LABINAL (CY Cergy Paris Université, EMA)

Présentations

Magali HARDOUIN, Maîtresse de Conférences Hors Classe – HDR à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)/INSPE de Bretagne : « Déambulation virtuelle à travers les allées du campus de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) »

La présentation s’attache à l’implantation et aux mutations des formes architecturales et aménagement du Campus de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Installé depuis 1969 – lorsque l’école passe aux mains de la Confédération – sur un site distant de 3km du centre-ville, le Campus a été développé en 4 phases distinctes.

1° Plan en damier ouvert sur les campagnes environnantes (début années 1970) ;

2° 1978-1990 : remise en cause, changement d’orientation des bâtiments et focalisation avec une esplanade (cf Le Bunker s’entrouvre) ;

3° : 1993-2006 : nouvelles ruptures, Rollex Learning Center, Swiss Tech Connection Center, etc. des bâtiments plus ostentatoires, signatures d’architectes « internationaux », se veut ouvert aux publics au-delà des étudiants, des services, des cafétérias, des espaces intérieurs sans cloison, des espaces à réserver pour travailler. Cf interdiction de modification de ce qui a le statut d’œuvres d’architecte, donc pas de possibilité d’installer de nouvelles prises (par exemple) ;

4° années 2010, d’autres ajouts. Par exemple : le Vortex bâtiment en éco-conception, exemple de réutilisation des espaces puisque livré pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lausanne 2020, il accueille maintenant des étudiants.

Questions/remarques

  • à propos d’une salle amphi « modulable » (cloison amovible) : la dénomination d’amphi ne correspond pas à la forme antique de l’amphi qui met au centre du public l’objet de l’apprentissage. Il s’agit plutôt ici d’un auditoire/auditorium
  • Lien ville/Campus : par les transports, mais plutôt deux mondes
  • Pour toute la phase 4, prise en compte du label Minergie inclus dans le Code de l’urbanisme suisse. Voir : https://www.minergie.ch/fr/

où l’on apprend que « le déménagement de l’école dans les années 1970 coïncide avec d’importantes réflexions sur l’usage des moyens audiovisuels dans la pédagogie universitaire, dont témoigne l’aménagement d’un studio de télévision au cœur des nouveaux bâtiments ».

Anne-Laure LE GUERN,  enseignante-chercheure en sciences de l’éducation et de la formation au laboratoire CIRNEF (Centre interdisdisciplinaire de recherche normand en éducation et en formation) UR 7454, Normandie Université : « Des images et des lieux : les espaces de travail/les espaces d’études tels que des étudiant.e.s s’en saisissent  »

Quand on parle d’habiter : de quoi est-il question ? En quoi le bâti ne fait pas l’habiter. Parcours de références : philosophie heideggerienne, interprétée par Eric Dardel, etc. Paroles d’habitants du sociologue Henri Raymond, etc.

Enquêter sur l’habiter, c’est enquêter auprès de ou avec/par les enquêté-es

Une expérimentation de parcours iconographique avec des M1 sciences de l’éducation. Rappel de la méthodologie qui inclut la présentation et la discussion collective autour des images produites par les enquêté-es. Il s’agit bien de travailler avec elles-eux sur la photographie comme outil pour l’analyse du travail. Lieu : Unicaen, bâtiment B construit en 1962, entièrement réhabilité, inauguration en 2022, sur le campus installé au nord de la ville après sa destruction à l’été 1944. Les étudiant-es sont prévenus par l’intervenante qu’elles et ils enquêtent aussi pour elle sur les espaces d’apprentissages universitaires (EAU). 10 mn pour faire trois photos de ce que sont pour elles et eux des EAU. Puis discussion collective.

Présentation de premières analyses

Les EAU pour ces étudiant-es sont des espaces ouverts au public et en cela sont différents de ceux du second degré (fermeture) ; arrivés en master, ils permettent d’accéder à des lieux inconnus jusqu’à la licence : les bureaux des profs pour l’accompagnement des mémoires ; beaucoup de photos de travail individuel (importance des gestes de l’étude) ; être connecté-es au passé : on sait que c’est un lieu réhabilité.

Ce qui a surpris Anne-Laure : l’absence des lieux du Centre d’Enseignement Multimédia Universitaire pourtant dans ce bâtiment ; présence des photocopieuses (pour avoir les cours pour celles-ceux qui ne peuvent pas se payer un ordinateur) ; pas de photo de la BU (elle est dans un autre bâtiment alors qu’avant la réhabilitation, la BU SHS s’y trouvait), etc.

Une seconde expérimentation, pour comparaison, est présentée cette fois-ci avec des M1-M2 Master MEEF, lieu Inspé : un autre campus. De tout autres productions d’images marquées par les appartenances disciplinaires des étudiant-es (les SVT et la « nature » dans le parc de l’ex-Ecole Normale, etc.).

Finalement : qu’est-ce qui est dit de l’Université ? Quelles représentations ? Problématique des rapports de domination/subversion : les affichages militants et leur disparition ; Quelle responsabilité des enseignants chercheurs ou pas vis-à-vis de ces lieux de savoir ?

Questions/remarques et liens avec la première présentation

  • Importance de la focale dans l’enquête sur l’habiter : deux présentations très complémentaires à cet égard
  • Des manières disciplinaires (universitaires) de mettre en images les espaces d’apprentissages universitaires (cf conscience disciplinaire)
  • Des modèles de forme architecturale pour quels discours sur l’éducation ?
  • Des discours d’architectes d’abord en images : des grilles d’analyse à constituer
  • Intérêt d’un usage croisé des parcours iconographiques avec deux catégories de population, les étudiant-es et par exemple les personnes qui ont en responsabilité et travaillent dans le service patrimoine de l’Université

Sur le patrimoine architectural de l’Université de Caen : https://www.unicaen.fr/wp-content/uploads/2020/10/UNICAEN_patrimoine_2019.pdf

et Patrice Gourbin, « La reconstruction de l’université de Caen. À l’origine du campus français », In Situ [En ligne], 17 | 2011. URL : http://journals.openedition.org/insitu/10864

Une référence : François Dosse, 2024, Vincennes. Heurs et malheurs de l’université de tous les possibles, Payot, 2024.

Référence méthodologique : Anne-Laure Le Guern et Jean-François Thémines, « Des enfants iconographes de l’espace public urbain : la méthode du parcours iconographique », Carnets de géographes [En ligne], 3 | 2011, mis en ligne le 01 décembre 2011. DOI : https://doi.org/10.4000/cdg.2355

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