« PALAIS
I.XIe siècle. Issu du latin Palatium, « Palatin », colline de Rome où s’élevait la demeure d’Auguste, et qu’habitèrent à sa suite tous les empereurs romains. Dès l’époque impériale, le mot Palatium fut employé comme nom commun, au sens de « palais ».
☆1. Vaste demeure urbaine d’un souverain, d’un prince, d’un chef d’État, d’un évêque, d’un haut dignitaire de l’Église (par opposition au château, demeure située à la campagne). Le Louvre a longtemps été le palais des rois de France. Les palais pontificaux du Vatican, à Rome. Palais épiscopal. Le palais des Doges, à Venise. Le palais ducal de Nancy. […] • Par ext. Résidence urbaine d’une grande famille. Le palais Pitti, à Florence, le palais Farnèse, à Rome, pour traduire l’italien palazzo. • Par hyperbole. Elle a fait de cette ruine un palais. • Spécialt. Le Palais idéal, construit à Hauterives, dans la Drôme, entre 1879 et 1912, par le facteur Joseph-Ferdinand Cheval. • Prov. La mort frappe du même pied le palais du riche et la chaumière du pauvre » (Dictionnaire CNRTL).
Par extension d’usage : demeure d’un souverain ou d’une souveraine en son domaine. Ce qui n’a rien à voir avec la taille de la demeure ou du domaine en question, pourvu qu’on en soit le roi ou la reine.
L’usage peut ne pas être dénué d’ironie, mais jamais il ne l’est de fierté. Il donne lieu à proclamation : ceci est mon palais !
Ainsi avions nous croisé un jour sur le causse entre Rignac et Gramat, une parcelle de vigne entourée de ses murs de pierre sèche comportant un abri pour le vigneron. Sur cette petite construction, un écriteau à l’intention du passant – et peut-être aussi de soi-même, propriétaire – annonçait : Lo Pitchou Trianou.
Le plus souvent, point n’est besoin d’écriteau, de plaque ou de pancarte. La construction se suffit à elle-même : son seuil, sa position, son orientation, l’impression d’achèvement, peut-être même de parachèvement… tout cela désigne le palais, qu’il fût grand ou petit (en mètres), de résidence principale ou secondaire, urbain ou rural.
Quelques exemplaires glanés dans une promenade de Figeac à Saint-Jean Mirabel. Une promenade qui conduit donc de l’urbain à ses bordures, puis à ses abords ruraux avant que de longer et de parvenir à de petits bourgs et à leurs écarts (Lunan, Saint-Jean Mirabel).
Par ordre d’apparition :
1° la porte d’une demeure urbaine du Figeac des XVIIIe et début du XIXe siècle. Rue Gambetta. 1826. Remarquer les A et C entremêlés de la ferronnerie.

2° les demeures de type villa qui s’éloignent de la ville à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, au-dessus : plus d’air, un air meilleur que celui vicié des quartiers du canal du Pin ; plus d’espace… Quartier de la gare, au bord du chemin de fer (direction Aurillac) côté ville ; puis de l’autre côté (début XXe siècle ?) ; puis plus haut sur le chemin d’Embiane (années 1930).



3° sur les hauts entre Figeac et Lunan. On donne sur le Célé plutôt que sur le Lot. De l’espace à perte de vue ou presque. De l’air ; ce matin, du brouillard au loin. Des dimensions à la mesure des moyens modestes. De l’eau sans doute jamais bien loin : ruine d’un puits certainement devant l’une de ces constructions. Les caselles sont des abris généreux les moments d’orage, de pluie et de vent. Celle-ci domine sa ferme, le lieu central de l’exploitation (à gauche hors cadre) dans une parcelle patiemment dépierrée et bordée d’un mur très soigneusement monté (premier plan).



4° plus loin encore, trois variantes rurales du palais : la résidence secondaire dans le hameau de la Balme, commune de Lunan ; la résidence principale dressée sur une hauteur à quelques centaines de mètres du bourg de Saint-Jean Mirabel – de là, on domine la vallée du Lot ; la maison de bourg dans un des lieux-dits de Lunan : une porte proche parente de la porte de la rue Gambetta à Figeac. Embrasure plus ancienne : 1752. Et une très belle réalisation d’EDF.



« Ceci est mon palais » ont pensé des personnes sur ces pas de porte, à l’entrée de leur domaine, des personnes qu’on aimerait se figurer et entendre parler.
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