
L’abbé Paysant (1841-1921) a voulu faire de l’église du Ménil-Gondouin une « église vivante et parlante ». A partir de 1873, date de son installation dans la paroisse, il en a dirigé la décoration extérieure et intérieure qu’une réhabilitation, entre 2001 et 2006, a permis de restituer.
Pourquoi parler de cette église comme d’une géographie ?
Elle est un assemblage d’éléments collectés ailleurs pour en faire un lieu unique. L’abbé Paysant a ramené dans cette église élevée en 1870 des sculptures, des éléments décoratifs issus d’églises locales (l’ancienne église de Ménil-Gondouin, églises du Sacq et de Sainte-Honorine, communes rattachées au Ménil-Gondouin à la Restauration).

Avec ses nombreuses inscriptions et images, elle contient un monde dont elle livre aux lecteurs clés et repères, à la manière d’un manuel. Une forme de géographie sacrée – version catholique – prend place sur le sol (généalogie sainte), sur les murs (figures saintes situées dans un contexte local – Latuin – ou plus universel) et jusqu’à l’intérieur du clocher visible au moment de sortir de la nef (un Dieu aux traits « naïfs »).




Un élément d’unité du décor surabondant de cette église est la représentation de palmiers qui relient le sol à la voûte. Ce motif réfère au monde proche-oriental pratiqué en pèlerin par l’abbé Paysant. Par contraste, des paysages schématiques en bordure de figures saintes semblent plutôt évoquer l’espace local.


Elle prend place sur une carte du monde de la Chrétienté, représentée dans la nef, au fond à droite (une carte de type itinéraire). L’église de France y est placée à la croisée des routes d’Orient et d’Occident pour Jérusalem.

L’abbé a fait peindre sur la face intérieure de la porte d’entrée les trajets du pèlerin très actif qu’il a été. L’Europe, l’Asie, l’Afrique, la Terre sainte y sont représentées par des listes de noms de lieux et de figures.





Enfin, il fait d’une église bâtie en un endroit quelconque, une zone marécageuse au bord d’une route de bocage récemment ouverte), un lieu de visite aujourd’hui répertorié sur les sites de randonnées et de promenades dans le département de l’Orne.



L’auteur de cette géographie est représenté sur les murs de l’église (transept à gauche en remontant la nef). J’imagine qu’il ne l’a pas été de son vivant (?).

Il parlait déjà beaucoup par l’intermédiaire des murs. Et de nombreuses cartes postales le montrent toujours parlant, expliquant l’iconographie édifiante dont il est l’orchestrateur. Elles ont été la source principale utilisée pour restaurer l’église.



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