Depuis septembre 2021 et pour quelques mois encore, une vingtaine d’exemplaires de représentations en 3D – et en bronze – du Chat, le personnage créé par Philippe Geluck (on lui doit aussi la fabrication de ces objets monumentaux) est présente à Caen. Elles ne sont ni les premières figures de chats disposées dans l’espace public caennais, ni les plus stimulantes, ni les plus « belles ». Mais elles ont le mérite de mettre en série diverses manières de traverser la ville et d’en produire des représentations.
Soit donc la ville du Chat de Geluck. Il y a 20 Chat ; ils sont arrivés en camion et ont été disposés dans des lieux bien connus : la place de la République, la place de l’Hôtel de Ville, la partie piétionnisée du quai Vendeuvre. Monumentaux (2m à 2,80 m de haut), ils sont faits être vus et lus ; on en fait le tour, on se masse devant, on se photographie aux côtés de tel ou tel (voir photographies plus loin). Le maire escompte un gain de notoriété pour sa ville. Cet ensemble d’objets a déjà été disposé à Paris (Champs Elysées), à Bordeaux (quai de Garonne) (voir photographies plus loin) et le sera à Genève et Milan. Caen intègre momentanément cette liste de villes mieux connues qu’elle. Cela ne coûte rien à la ville semble-t-il. L’exhibition sert à populariser l’idée d’un musée du Chat et du dessin d’humour, à Bruxelles, afin d’en boucler le financement. Bref, une opération publicitaire croisée qui prend les lieux de la ville officielle comme cadre d’exhibition auprès d’un large public qui connaît déjà le personnage et son auteur.
Mais il y a eu aussi au printemps 2021 la ville automobile ponctuée de reproductions d’œuvres d’Alain Séchas, appartenant au Fonds Régional d’Art Contemporain de Normandie (Frac) à Caen. Cette exposition in situ reprend le titre d’une série créée en 2007 Photomatou, une série composée de « visages » d’un personnage mi-humain, mi-chat schématisés. Ce chat-humain est-il étonné, interdit, fatigué, (être habitué … ? On ne sait trop. D’autant que la mise en place de ces figures sur des supports publicitaires conçus pour être aperçus en automobile, bus ou tramway, fait qu’elles nous surprennent. On ne va pas les voir : on les voit, c’est tout (voir photographies ci-dessous).



N’oublions pas, dans nos parcours pédestres, le Chat poché de l’artiste graffeur caennais Ore : personnage de chat, cette fois-ci. Un chat qui passe ou stationne, rêveur, acrobate quelquefois, littéraire assurément (Baudelaire).



Marquage discret de la ville, loin des « hauts-lieux » de la ville officielle ; moins loin des entrées et des rocades urbaines de Photomatou. Mais jamais au-dessus des personnes, à hauteur de piéton. Pour regarder ce coin de mur, cet angle de rue qu’on n’aurait jamais regardé si l’artiste n’y avait pas réalisé ce pochoir. Pour regarder la ville d’en-dessous la hauteur d’un humain adulte. Pour les racontages : il était une fois un chat poché, etc.
Et puis, d’autres réalisations, furtives, anonymes : ces quelques traits à la craie, près de l’Abbaye-aux-Dames

Et enfin, les chats, pas des personnages, ni des figures stylisées, mais des chats co-habitants. Ils traversent nos vies. Aperçus sur une clôture, un passage, une proéminence, disparus l’instant d’après (voir photographies ci-dessous : quartier Sainte-Thérèse, rue de Falaise).




Et pour continuer
Le site d’Ore : https://artore.org/#ORE
Des photographies du Chat poché : http://www.chatsnoirs.com/pages/peinture/art-graphique/ore-graffeur-streetart.html
Le site d’Alain Sechas : http://www.alainsechas.com/
Photomatou sur le site du Frac : http://www.fracnormandiecaen.fr/expositions/208/photomatou
Les chats de Geluck




Deux premières photographies : la ville officielle de Caen, une image à vendre ; ci-dessus : les mêmes objets disposés aux Champs Elysées et sur les bords de Garonne.

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